mercredi 1 février 2012

Plus d'un mois...

...depuis la dernière fois où j'ai posté un message sur mon blogue. Mais, non, je ne boude pas, je ne ferme pas le blogue, ni quoi que ce soit. J'ai tout simplement été trop malade ces dernières semaines pour bloguer. Remarquez, ce n'est pas encore réglé, mais au moins je sais où je m'en vais, et ce n'est rien de très grave. Pour le moment, je partage mon temps entre mon bureau (installé provisoirement chez moi pour continuer à travailler et m'occuper des revues) et mon lit (où je m'écroule régulièrement, avec le sourire extatique, béat et maniaque de celle qui vient de prendre un dérivé de morphine ou de codéine pour calmer la douleur ;-))

Je n'écris donc pas en ce moment. Par contre, je traduis. Vous pouvez d'ailleurs lire la nouvelle "Ted et sa collection" de Claude Lalumière dans le dernier Alibis : j'ai pris grand plaisir à traduire cette nouvelle, qui réussit non seulement à glacer le sang mais à provoquer de la tristesse. Ce ne sera pas la dernière nouvelle de Claude que je vais traduire, car j'aime beaucoup sa plume, aussi c'est un plaisir renouvelé chaque fois.

Côté lecture, peu de choses également (car la concentration dure peu de temps), mais que du bon :


Commencé en décembre, j'ai terminé seulement en janvier le roman The Water Rat of Wanchai du Canadien Ian Hamilton (House of Anansi Press) : lire en anglais est plus long et difficile pour moi, mais c'était une belle surprise que ce premier volume d'une série mettant en scène une jeune sino-canadienne, dont le métier consiste à retracer et récupérer pour ses clients de grosses sommes d'argent qui avaient été détournées/volées/etc. Jolie jeune fille très polie, Ava Lee est intelligente, futée et, sous ses airs de fragile petite princesse asiatique, elle est également une spécialiste des arts martiaux (particulièrement du bak mei) : elle travaille pour "Uncle", dont les services sont requis lorsque toutes les autres solutions ont échouées. Le roman ne manque ni d'humour ni de rythme et j'avoue avoir très envie de lire les deux autres aventures parues d'Ava Lee, soit The Disciple of Las Vegas (2011) et The Wild Beasts of Wuhan (janv. 2012). J'avais rencontré Ian Hamilton lors du festival Québecrime qui avait eu lieu à Québec les 28-29-30 octobre. Sa conversation m'avait donné le goût de découvrir son écriture : voilà un cas où l'auteur et son personnage sont aussi sympathiques et intéressants l'un que l'autre ;-)
Une belle découverte donc, que je recommande chaudement ! (Gen, oui, je pense à toi en particulier... ;-))



L'autre roman lu en janvier est de l'auteur canadien Andrew Pyper, dont j'avais déjà lu le très bon Le Marchand de sable va passer (L'Archipel), paru en anglais en 2008, traduit en 2010 (on peut en lire ma critique dans Alibis 38). Ce mois-ci, j'ai donc lu Lost Girls, traduit en français et publié à L'Archipel en 2011, mais qui est ogirinellement paru en 1999 ! Lost Girls est donc le tout premier roman de l'auteur (que j'ai aussi rencontré au festival Québecrime en octobre dernier et qui, lui aussi, est extrêmement sympathique). Il avait auparavant publié un recueil de nouvelles  intitulé Kiss Me (et que je me promets de lire également). Depuis, il a publié cinq romans en tout, dont Le Marchand de sable va passer (The Killing Circle), le tout dernier étant The Guardians (paru en janvier 2011), un roman qui flirte avec l'horreur.


Revenons à Lost Girls. La premisse est celle d'un roman procédural classique : un jeune avocat (sans scrupule et totalement cocaïnomane) est envoyé par son cabinet dans une petite ville de l'Ontario pour défendre un enseignant accusé d'avoir assassiné deux de ses étudiantes. Bartholomew Crane (l'avocat) pense que la partie sera facile, car les corps n'ont pas été retrouvés : tout ce dont dispose l'accusation, ce sont des présomptions et des preuves indirectes qui laissent penser que l'accusé a noyé les deux jeunes filles dans le lac voisin.
Seulement, il y a quelques problèmes : le client de Crane, Thom Tripp, est totalement incohérent et répond de façon nébuleuse tandis que Crane tente de le défendre. De plus, l'ambiance étrange de la ville et de l'hôtel dans lequel loge Crane commence à le perturber. Rapidement, Crane s'intéresse plus à la légende locale de la Dame du Lac (dont on dit qu'elle enlève les petites filles pour les noyer dans le lac), qu'au procès en cours. Se pourrait-il que les deux disparues aient été victimes de la Dame du Lac ? De plus en plus, Crane perd pied d'avec la réalité et a des visions. Réelles ou imaginées ? Bien entendu, je ne le révélerai pas, car c'est là toute la force du roman : le doute qui demeure jusqu'à la toute fin, l'ambiance lourde et étouffante, l'angoisse qui monte tandis que Crane tente de comprendre ce qui se passe.
J'ai beaucoup aimé Lost Girls. J'ai été totalement envahie par l'atmosphère de ce roman inquiétant et angoissant. J'ai été saisie par le talent de l'auteur a me passionner pour le personnage de Crane qui, pourtant, est au premier abord un vrai sale type : uniquement guidé par l'argent et par une vision très personnelle de ce qu'est la vérité dans un procès. Bref, ce Crane est un salaud, un avocat tel qu'on peut se l'imaginer de pire, bourré de drogue et dénué de sentiments. Mais... au fur et à mesure du roman, on se prend à suivre ce personnage détestable, à souffrir avec lui, à douter à ses côtés, à espérer que tout va s'arranger pour lui et pour son client.
Une lecture que je recommande fortement autant aux amateurs de suspense qu'à ceux qui aiment le fantastique.
Il est certain que je vais suivre cet auteur et lire tous ses romans, traduits ou non... Alors ? Qu'est-ce que vous attendez ??? Courez vous procurer Lost Girls !!! Allez, et plus vite que ça !

8 commentaires:

  1. Ouille, je sais pas ce qui t'es arrivé, mais prends soin de toi là!

    Et tu as piqué ma curiosité avec "The water rat". J'suis un peu triste de sentir des ressemblances entre cette héroïne et ma Miuri (tsé, on se berce toujours de l'illusion de l'originalité), mais c'est pas grave : ce bouquin fera partie de ma prochaine commande! :) Merci!

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  2. Gen : ne t'inquiète pas, ta Miuri est originale. Je n'ai pas pensé à elle du tout en lisant Ava Lee. J'ai pensé à toi en me disant que tu aimerais sans doute, mais je te rassure : ton personnage est unique ;-)))

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  3. Hum... Un gros billet, deux critiques...

    Tu es sur la morphine, tu dis? :-)

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  4. Oué... Morphine 1 - Cerveau 0 ;-)))))

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  5. Bon... Chapters-Indigo devrait te verser une cote, je viens d'aller m'acheter le Ian Hamilton.

    8o)

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  6. Mwahahahahahahahaha !!! (rire machiavélique et caverneux)

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